Stellantis – Un casting impressionnant

La liste des 11 membres du Conseil d’administration de Stellantis a été publiée. Avec toutefois un absent de marque: Mike Manley, actuel CEO de FCA.

La fusion de deux entreprises, qui plus est des mastodontes comme FCA et PSA, n’est jamais une sinécure. Il faut ménager les sensibilités des deux entités et les placer sur un même pied d’égalité. En apparence à tout le moins. Les équilibres sont toujours précaires et certains partages des rôles s’effectuent sur fond de tractations ardues.

Carlos Tavares (à g.) et Mike Manley (à dr.) lors de l’annonce de la fusion entre PSA et FCA.

Stellantis, entité résultant de la fusion de FCA et PSA, a présenté la composition de son Conseil d’administration. Si Carlos Tavares, CEO de PSA figure en bonne place comme CEO de Stellantis, son homologue de chez FCA, Mike Manley, est absent du collège.

Un conseil de 11 membres

L’accord signé entre FCA et PSA en décembre 2019 stipule que le Conseil d’administration de Stellantis ne comptera que deux membres exécutifs. Il s’agit de Carlos Tavares (CEO) et John Elkann, actuel président de FCA, qui sera enfilera le costume de Président. Le futur rôle de Mike Manley, actuel CEO de FCA, est pour l’heure inconnu; nous devrions en apprendre plus avant la fin du processus de fusion. Pour entourer Carlos Tavares, nommé au Conseil d’administration tacitement, chacune des entreprises choisit 5 membres. Le Conseil d’administration comptera 11 sièges, au moins.

John Elkann, Chairman de FCA et futur Chairman de Stellantis

Les familles actionnaires des deux groupes sont bien évidemment représentées au travers de leurs chefs respectifs. Côté PSA, Robert Peugeot défendra les intérêts de EPF/FFP, sociétés de la famille Peugeot actionnaire de PSA. Il sera également le vice-président de Stellantis. Chez les Americano-italiens, aux côtés de John Elkann, son cousin Andrea Agnelli, administrateur du holding familial Exor, occupera un siège. Les 7 autres sièges reviennent à des administrateurs dits “indépendants”:

  • Henri de Castries (PSA), ancien PDG de l’assureur AXA et membre du conseil de plusieurs sociétés dont Nestlé.
  • Fiona Clare Cicconi (FCA), représentante des employés FCA et responsable des ressources humaines chez AstraZeneca.
  • Nicolas Dufourcq (PSA), directeur général de BPIfrance, le fonds d’investissement du gouvernement français qui détient 12% de PSA.
  • Ann Frances Godbehere (PSA), administratrice de Royal Dutch Shell.
  • Wan Ling Martello (FCA), ancienne vice-présidente de Nestlé.
  • Jacques de Saint-Exupéry (PSA), responsable du Comité d’entreprise de PSA et représentant des salariés de PSA.
  • Kevin Scott (FCA), Chief Technology Officer de Microsoft.

Des profils diversifiés et complémentaires

John Elkann, Carlos Tavares, Robert Peugeot et Andrea Agnelli sont directement liés à l’industrie automobile. La diversité des profils des autres membres peut surprendre, mais répond à une stratégie mûrement réfléchie.

Kevin Scott, par exemple, jouit de plus de 20 ans de carrière dans la technologie, ayant occupé des postes importants chez Google et LinkedIn auparavant. La Canadienne Ann Frances Godbehere apporte une expérience approfondie dans la finance (UBS, Swiss Re, Northern Rock) et les matières premières (Rio Tinto). Par ailleurs, son CV n’est pas sans rappeler celui de feu Sergio Marchionne. Avec Fiona Clare Cicconi et Jacques de Saint-Exupéry, les relations avec les syndicats d’employés sont au coeur des préoccupations des dirigeants de Stellantis. Enfin, Wan Ling Martello, l’une des femmes d’affaires les plus influentes du monde, a occupé des postes d’importance chez Nestlé, Walmart, Alibaba ou encore Uber.

Wan King Martello, l’une des femmes d’affaires les plus influentes du monde.

A l’heure où l’industrie automobile est dans la tourmente, que l’électrification et la conduite autonome définissent de nouveaux paradigmes, sans parler des pressions politiques, Stellantis s’entoure de compétences très pointues dans nombre de domaines connexes à l’auto. La diversité des origines, des genres et des compétences démontre le rôle global que souhaite jouer Stellantis dès sa création, au-delà de simple constructeur automobile. En revanche, cette composition du Conseil d’administration n’inclut que très marginalement les activités américaines du groupe (Jeep, Mopar), pourtant largement contributrices aux résultats de FCA ces dernières années. Ce qui laisse présager que le Conseil d’administration de Stellantis peut encore s’étoffer dans un second temps.

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