Mercedes-AMG – La Project One passe la deuxième

L’hypercar hybride de Mercedes-AMG, directement dérivée de la F1, quitte les bancs d’essais et autres simulateurs. Elle entame sa campagne de tests in vivo dans sa version quasi définitive.

Développer une voiture de route à partir d’une Formule 1 est un rêve d’ingénieur que seuls quelques constructeurs ont tenté par le passé, avec plus ou moins de succès. Rappelez-vous de l’ovni Yamaha OX99-11 en 1992, équipée d’un V12 d’origine Jordan. Elle est restée à l’état de prototype. Le même rêve habitait les ingénieurs Ferrari au moment de donner un successeur à la mythique F40 en 1995. La F50, non dénuée de qualités au demeurant, a dû céder à nombre de compromis afin d’être sociable et fiable.

En 2017, deux constructeurs décident de s’aventurer dans un tel projet. Outre-Manche, Aston Martin s’associe à Red Bull Racing pour concevoir la Valkyrie. Elle portera la signature du génial ingénieur Adrian Newey, qui a bénéficié d’une carte blanche pour sa conception. En Allemagne, Mercedes-AMG présente au Salon de Francfort 2017 sa Project One. Le projet était dirigé par Tobias Moers, devenu au début de l’été 2020 le nouveau patron… d’Aston Martin. Ces dernières semaines, une rumeur insistante fait état d’un report, si ce n’est d’un abandon, de la Valkyrie. Les difficultés financières rencontrées par Aston Martin nécessitent visiblement un réajustement des priorités.

En dépit des difficultés techniques et le contexte économique morose, Mercedes-AMG poursuit bel et bien le développement de sa Project One, qui atteint aujourd’hui sa phase finale.

Machine à records?

Plusieurs prototypes sont en piste pour des essais dans une configuration très proche de la version définitive. Pour la première fois, l’hypercar allemande enchaîne les tours sur la piste du centre technique maison d’Immendingen (D). Là-bas, elle exploite pleinement la puissance maximale de ses divers moteurs, qui totalisent pas moins de 1000 ch.

Pour rappel, la Mercedes-AMG Project One embarque une technologie largement inspirée de celle des Flèches d’argent en compétition. Le V6 1,6 litre turbo – dérivé de celui utilisé en F1 – peut atteindre le régime maxi de 11’000 tr/min. Un niveau moins élevé qu’en F1, en raison de l’indice d’octane plus faible des carburants grand public. Le turbocompresseur est à assistance électrique. Les turbines sont dissociées et reliées par un arbre, lui-même entraîné par un moteur électrique de 90 kW capable d’atteindre un régime de 100’000 tr/min. Ce dispositif permet une réponse immédiate à l’accélérateur et officie comme générateur pour la batterie Lithium-ion de 800 V.

Cet accumulateur alimente 3 moteurs électriques. Le premier est en prise avec le vilebrequin du V6 et délivre 120 kW de puissance. Les deux autres, de 120 kW chacun également, entraînent (et freinent) les roues avant de manière indépendante. Le couple envoyé sur chacune des roues est ajusté afin de favoriser la directivité de l’auto. Enfin, la Project One serait capable de parcourir 25 km en mode 100% électrique.

La campagne de tests servira également à régler et valider les solutions retenues pour l’aérodynamique active de la Project One. La voiture et les ingénieurs prendront ensuite la route du Nürburgring pour défier le juge de paix qu’est la Nordschleife. Et qui sait, peut-être établir un nouveau record?

Print Friendly, PDF & Email
SOCIALICON
SOCIALICON
SOCIALICON
SOCIALICON