Maserati – Retour aux affaires

Maserati présente la MC20, supercar qui incarne le renouveau du Trident et le fait entrer dans une nouvelle ère. La Maserati MC20 ouvre la voie d’un plan produit ambitieux, avec pas moins de 13 nouveautés d’ici à 2024.

L’attente fut longue, le suspense presque insoutenable. Depuis plusieurs mois, Maserati nous tenait en haleine avec des teasers divers et variés. Pour nous faire patienter, la Ghibli est passée à l’hybride, la gamme Trofeo s’est élargie et un nouveau moteur a vu le jour.

Mais il en fallait un peu plus pour être crédible. Et ce “un peu plus” est une supercar à même de rivaliser avec le gratin des sportives. Comme son nom l’indique, la MC20 se veut l’héritière de la MC12, clone de la Ferrari Enzo. Engagée en FIA GT, la MC12 régna sans partage entre 2005 et 2009. En choisissant l’appellation “MC” comme “Maserati Corse”, la firme de Modène ravive donc les cendres de son glorieux passé sportif et y puise son inspiration. Le “20” fait allusion à l’année 2020, celle du renouveau de Maserati. Au passage, la marque en profite pour présenter un logo et une police de lettrage légèrement remaniés.

Made in Italy

Au cours de son histoire tumulteuse, Maserati nous avait plutôt habitué aux GT et limousines sportives à moteur avant. Les 3500 GT, Mistral, Sebring, Ghibli, Mexico, Indy et Khamsin sont devenues des appellations mythiques. Plus récemment, les 3200 GT, Coupé 4200 et GranTurismo ont perpétué la tradition. L’architecture à moteur central ne fut utilisée qu’à deux reprises sur les GT, avec les Bora et Merak. Quant au sport pur et dur, il ne fut que touché du doigt par la marque. La Barchetta, diffusée à 15 exemplaires entre 1992 et 1993 et la MC12, 50 exemplaires entre 2004 et 2005, en sont les représentantes.

La MC20 symbolise donc le retour de Maserati parmi les constructeurs de voitures de sport. Elle prend la forme d’un coupé biplace aux portes en élytre avec moteur central arrière. Sous son capot vitré se terre le nouveau bijou mécanique de Maserati, le V6 biturbo de 3 litres baptisé “Nettuno”. Il revendique 630 ch à 7500 tr/min et 730 Nm de 3000 à 5500 tr/min. Imaginé, conçu et construit à Modène, Nettuno est une exclusivité 100% Maserati. Le contrat qui liait depuis 20 ans la marque à Ferrari pour la fourniture de moteurs est arrivé à son terme et ne sera pas renouvelé. Maranello livrera toutefois encore les moteurs des Ghibli, Quattroporte et Levante jusqu’à leur retrait du catalogue.

Maserati met en avant l’origine quasi à 100% italienne de la MC20. Dallara a façonné l’aérodynamique de la voiture et contribué à la conception de la structure monocoque en carbone. TTA Adler, firme italienne spécialisée dans les matériaux composites se charge de la fabrication. On lui doit entre autres les structures des Alfa Romeo 4C et Ferrari LaFerrari. Le montage de la MC20 s’effectue dans l’usine historique de Modène à la Viale Ciro Menotti.

Performance de feu

En matière de performances, la MC20 n’entend pas jouer les seconds couteaux dans le segment. Le 0 à 100 km/h est annoncé à 2,9 s, le 0 à 200 km/h en 8,8 s. La vitesse de pointe atteint 325 km/h. Avec un poids annoncé autour de 1470 kg, la Maserati MC20 revendique un rapport poids/puissance de seulement 2,33 kg/ch. Si la fiche technique dit vrai, la MC20 se place dans le haut du panier face aux autres 6-cylindres très hautes performances. Les Porsche 911 Turbo S, Ford GT, Nissan GT-R Nismo n’ont qu’à bien se tenir! Même les V8, qu’ils soient de Maranello, Woking ou Stuttgart, peinent à s’aligner…

Une boîte de vitesses double-embrayage à 8 rapports distille la puissance sur le train arrière. Les deux dernières vitesses reçoivent un étagement long pour des raisons d’homologation et d’émissions de CO₂. D’origine, l’essieu arrière se dote d’un différentiel à glissement limité mécanique. Il est possible de choisir une version électronique en option.

La suspension de la MC20 repose sur des doubles triangles et des barres antiroulis. Le freinage est confié à des disques de 380 mm à l’avant et 350 mm à l’arrière pincés par des étriers à respectivement 6 et 4 pistons. La monte pneumatique est en 245/35 ZR 20 à l’avant et 305/30 ZR 20 à l’arrière.

On reste un peu sur notre faim

Très souvent, les clichés d’une auto ne lui rendent pas justice. Et cette impression prévaut pour la MC20 aussi. Sur la toise, la nouvelle Maserati mesure 4,66 de long, 1,96 m de large et 1,22 m de haut. Ce sont des cotes qui la rapprochent d’une Ferrari F8 Tributo alors que les photos laissent présager un gabarit plus ramassé.

Les designers ont opté pour des lignes de carrosseries pures et fluides, sans élément aérodynamique proéminent. Les prises d’air sont larges, les écopes nombreuses et tout répond à une fonction. Le résultat est le fruit de longues recherches en soufflerie, certes, mais apparaît très lisse. Plus subjectivement, la MC20 manque singulièrement de galbes et rondeurs dont seuls les designers italiens – et ceux de Maserati – en ont (avaient) le secret. Si la calandre est un hommage évident à la MC12, on ne peut s’empêcher de déceler ça et là des lignes qui rappellent tantôt les Jaguar CX-75 et F-Type de première génération, la Rimac C_Two, l’Alpine A110 ou la McLaren GT. Dans le même temps, on s’inspire toujours des meilleurs.

Intérieur high tech

Le constat est similaire avec l’intérieur, où l’agencement fait écho à celui de la berlinette française… Le traitement est toutefois plus luxueux et les matériaux plus nobles. Le carbone et l’Alcantara règnent en maîtres et les baquets Sabelts conjuguent luxe et sportivité.

La console centrale supporte entre autres une grosse mollette teintée de bleu. Il s’agit d’un sélecteur de modes de conduite. Par défaut, le mode “GT” – le plus sage – est engagé. Le pilote peut ensuite choisir entre “Sport”, “Corsa” et “ESC Off” selon ses envies. Pour la conduite par temps de pluie, un mode “Wet” se charge de juguler les ardeurs de la mécanique.

Le conducteur fait face à une instrumentation numérique. Un second écran de 10,25 pouces prend place au centre de la planche de bord. Il rassemble les informations et commandes secondaires à la conduite ainsi que la navigation, la climatisation et le système multimédia.

Les virées en week-end à deux seront facilitées par deux compartiments à bagages; 50 litres à l’avant et 100 litres à l’arrière.

Déjà la suite!

La Maserati MC20 est d’ores et déjà disponible à la commande. Les prix pour la Suisse sont pour l’heure inconnus, mais la belle se négocie en Italie à partir de 216’000.- euros.

Maserati annonce déjà une déclinaison Spider de la MC20 pour l’an prochain. A l’horizon 2022, une version 100% électrique fera son apparition, dans le cadre du programme “Folgore” qui consiste à proposer chaque nouveau modèle aussi bien en propulsion thermique qu’électrique.

Pour aller plus loin…

Maserati Grecale
Maserati a en outre partiellement levé le voile sur deux autres modèles dont les lancements sont planifiés pour 2021. Le premier, baptisé Grecale, sera un SUV qui emprunte la plateforme Giorgio des Alfa Romeo Giulia et Stelvio. Il ne se positionnera pas nécessairement en-dessous du Levante, mais jouera les cartes du dynamisme et de la praticité. A l’image de la MC20 et comme tout nouveau modèle du Trident à venir, le Grecale sera disponible en thermique et 100% électrique.

Maserati Granturismo
La Maserati MC20 incarne la sportivité exacerbée. Il semble donc logique qu’une GT pur jus refasse son apparition au sein de la gamme. Ce sera le cas avec une nouvelle génération de GranTurismo. Elle aussi sera proposée en version “Folgore” (électrique) et thermique. Cette dernière héritera probablement d’une mouture dégonflée du V6 Nettuno étrenné par la MC20.

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