Cadillac – Ténor de l’électrique

Cadillac et plus globalement GM (ré)investissent le marché de la voiture électrique. Le Cadillac Lyriq, concept prometteur, inaugure une nouvelle technologie de batteries baptisée Ultium.

General Motors monte enfin dans le train de l’électrification. En mars dernier, le constructeur annonçait des investissements dans les technologies électriques à hauteur de 20 milliards de dollars sur les 5 prochaines années. Et pourtant, rappelez-vous, au milieu des années 90 General Motors jouait les pionniers avec la General Motors EV1. Il s’agissait du premier véhicule électrique de série américain et disponible à la location uniquement. Le projet capota en 1999, officiellement par manque de rentabilité…

Désormais, c’est à Cadillac qu’incombe le renouveau électrique de GM. Pour marquer le coup, la marque de Detroit dévoile un SUV électrique, format très en vogue outre-Atlantique et dominé par le Tesla Model X. Le Lyriq, c’est son nom, pose les jalons de l’électrification dans le groupe, mais également la connectivité et la conduite autonome. Il faudra toutefois se montrer patient pour la version définitive, celle-ci n’étant attendue qu’en 2022, au plus tôt…

Lignes anguleuses, format XXL et haute technologie

Sur le plan stylistique, le Cadillac Lyriq reprend les lignes du concept Cadillac EV de 2019. Il se caractérise par un style anguleux, avec une énorme calandre qui nous renvoie aux productions des années 50 et 60 de la marque. L’arrière n’est pas en reste avec ses feux à double étage, horizontaux et verticaux. Peu d’informations techniques telles que les dimensions ont pour l’heure filtré. Mais il faut s’attendre, pour le Lyriq, à un gabarit similaire à ses concurrents, soit entre 4,80 et 5 mètres de longueur.

La nouvelle architecture de véhicule électrique autorise au Lyriq d’innombrables possibilités d’aménagement. Si l’agencement présenté sur ce concept ne sera très certainement pas celui de série, notons toutefois le plancher plat propice à la modularité. Le traitement se veut luxueux avec des matériaux de choix et travaillés. Ce qui est certain, en revanche, c’est la présence d’un écran de 33 pouces qui officiera pour l’instrumentation et l’infodivertissement. Cet écran projettera l’ensemble des données liées à la conduite. Cette dernière sera de deux types, manuelle et autonome. Le Lyriq embarquera le dispositif “Super Cruise” autorisant, sur des tronçons prédéfinis et sécurisés, la conduite mains-libres. Une caméra surveillera l’attention du conducteur; ce dernier pourra alors lâcher les mains du volant et même guider la voiture grâce à une commande vocale.

Batteries d’un nouveau type

En mars 2020, GM dévoilait ses batteries Ultium. Développées en collaboration avec LG-Chem, ces batteries sont d’un nouveau genre, NCMA (nickel, cobalt, manganèse et aluminium). Ce nouveau procédé permet d’utiliser de l’aluminium dans la cathode pour réduire le besoin de matériaux rares. Il permet notamment d’économiser près de 70% de cobalt. L’autonomie annoncée alors pouvait atteindre 400 miles (env. 644 km). En outre, cette solution technique permet de construire de grandes cellules plates qui simplifient les besoins en refroidissement. L’électronique de la batterie est intégrée aux modules, éliminant ainsi 90% du câblage bloc-batterie.

Le Cadillac Lyriq repose sur une nouvelle architecture modulaire qui essaimera sur les véhicules électriques de GM. La batterie, située sous le plancher, permet une répartition des masses 50/50 entre l’avant et l’arrière. D’une capacité de 100 kWh, la batterie du Cadillac Lyriq promet une autonomie de 300 miles, soit 482 km. Un peu court pour rivaliser avec les 500 km du Tesla Model X, qui aura sans doute repoussé ses limites d’ici 2023. Gageons que Cadillac cache son jeu aujourd’hui et marquera le coup lors de la présentation définitive du modèle dans 2 ans… Elle dispose d’une recharge rapide jusqu’à 150 kW de puissance et le chargeur embarqué AC atteint 19 kW.

Pour l’heure, le concept Cadillac Lyric est animé par un moteur sur le train arrière. Une déclinaison quatre roues motrices sera également proposée.

Pour aller plus loin…

En 1996, la qualité de l’air dans l’Etat de Californie est préoccupante et le nombre de cas de maladies respiratoires atteint des chiffres inquiétants. Les autorités du Golden State décident d’imposer aux constructeurs automobiles la fabrication de voitures zéro émissions. Le programme spécifiait en qu’en 1998, 2% des véhicules mis en circulation ne devaient plus émettre aucun gaz polluant. Cette proportion devait monter à 5% en 2001 puis 10% en 2003.
C’est alors que les constructeurs ont joué sur deux tableaux: le premier, fabriquer une voiture conforme aux nouvelles lois californiennes. En second lieu, torpiller le projet par l’intermédiaire de lobbyistes.
La General Motors EV1 remplissait haut la main toutes les exigences, en se montrant efficace, silencieuse, performante, surpassant en de nombreux points les voitures thermiques, tout en ne rejettant aucun polluant. Proposée uniquement à la location (leasing) sur une durée de 3 ans, de nombreuses stars hollywoodiennes en ont fait leur coqueluche.
En 2003, le programme est annulé. GM, DaimlerChrysler et Isuzu Motors ont poursuivi les autorités californiennes qui ont assoupli leurs exigences. L’EV1 est tout simplement retirée du marché, ses détenteurs contraints de rendre leur exemplaire. A part quelques unités données à des facultés d’ingénierie de certaines universités et quelques musées, la grande majorité des 1117 EV1 produites ont simplement fini à la casse.
Le film ci-dessous (en anglais) raconte l’incroyable épopée de l’EV1 et les manoeuvres qui ont conduit à sa disparition.

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